A tous ces héros nés dans les années 30, 40, 50, 60 voire 70
En regardant en arrière, il est difficile de croire qu’on ait réussi à survivre si longtemps.
Lorsque nous étions enfants, nous nous promenions en voiture sans ceinture de sécurité ou d’airbags pour nous protéger. Nos chambres étaient peintes de couleurs chatoyantes au plomb, nos maisons étaient isolées à l’amiante et il n’y avait pas de chauffage dans les chambres.
Il n’y avait pas de couvercle de sécurité sur les flacons de médicaments et de produits d’entretien, ni de serrure sécuritaire sur les armoires. Lorsque nous roulions en vélo, c’était sans casque, parfois sans changement de vitesse, parfois sans frein !
On allait seul au village chercher du pain, du lait dans une cruche en aluminium à peine fermée. On buvait l’eau du robinet, parfois, directement au tuyau d’arrosage. Quelle horreur !
On se fabriquait des petites voitures (caisses-à-savon) avec des morceaux de vélos, de poussettes et des planches de bois pleine d’échardes et de clous et on descendait les trottoirs bordant les routes, pour s’apercevoir, trop tard, qu’on avait oublié de penser au moyen d’arrêter l’engin. Après être rentrés, quelques fois, dans les haies d’aubépine et les clôtures, on trouvait une solution à cet épineux problème.
On quittait, seul, la maison, tôt le matin, pour se rendre à pied à l’école et on revenait l’hiver au moment où les réverbères s’allumaient.
Imaginez, pas de GSM, personne ne pouvait nous joindre de toute la journée et nos parents n’avaient des nouvelles de nous que le soir venu.
On mangeait des gâteaux secs, des fruits, du pain et du beurre et aucun d’entre nous n’avait de surcharge pondérale..., il faut dire que, hiver comme été, nous jouions ensemble et presque toujours à l’extérieur.
On buvait souvent à quatre ou cinq dans la même bouteille et il n’y avait jamais eu de décès à cause de ça.
Il arrivait que l’on joue à des jeux plus dangereux, on grimpait aux arbres, on enjambait le mur du voisin, on escaladait les clôtures ; parfois il y avait des chutes, des coupures, des os brisés. La maman ou au pire, le médecin de famille, soignait, recousait les plaies et les bosses.
Il pouvait même arriver que l’on se batte entre nous ; on avait des bleus, des écorchures ; le lendemain, l’affaire était oubliée et l’on jouait de plus belle.
On n’avait pas de Nintendo 64, de Playstation2 ou de X Box ; personne n’imaginait les jeux vidéos, les magnétoscopes, les lecteurs DVD, les P.C., etc...Les avant-gardistes avaient un poste de télévision en noir et blanc avec 2 ou 3 canaux. On préférait le verbe être au verbe avoir.
Mais nous avions des amis, et si nous voulions les voir, tout ce qu’on avait à faire, c’était de sortir de chez soi, se rendre chez eux, sonner et entrer pour pouvoir leur parler et prendre rendez-vous pour le lendemain au terrain de football ou au terrain vague.
On inventait des jeux avec des bâtons, des balles, des ficelles ; on mangeait les fruits du verger directement cueillis de l’arbre, parfois même pas trop mûrs ; on mangeait du fromage au lait crû et les américains ne disaient rien, on mangeait les œufs de nos poules, les lapins de nos clapiers, sans aucun contrôle sanitaire.
Certains écoliers n’étaient pas aussi futés que les autres ; parfois, ils manquaient leur année et devaient la recommencer. Les classes et les examens n’étaient pas encore ajustés pour compenser ces différences ! On ne nous apprenait pas l’égalité mais le droit à la différence.
Nos actions étaient les nôtres. Nous en supportions personnellement les conséquences. Personne pour nous cacher. L’idée de se faire protéger par nos parents si nous commettions quelque fait pendable n’était pas envisageable. D’ailleurs, nos parents étaient du coté de l’autorité, c’est t’y pas effrayant ! ! !
Mais, cette génération a produit les meilleurs preneurs de risques, « solutionneurs » et inventeurs. Les dernières 50 années ont été une explosion d’innovations dans de nombreux domaines.
On avait la liberté, la responsabilité de nos succès, ainsi que celle de nos défaites. Et on a appris à vivre avec tout ça.
C’était l’apprentissage de la vie.
A plus, geb.
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